⚠️ Historical Documentation Notice
Historical Documentation Notice

This document is part of a historical archive and is presented for scholarly research and educational purposes.

The content reflects historical perspectives and should be understood within its historical context.

côté du reste des ruines — que l’on laisserait vieillir doucement — permettrait aux visiteurs de “voir à la fois ce qui était, et le temps qui s’est écoulé depuis”.Detlef Hoffmann, professeur d’histoire de l’art à l’Institut des sciences de la culture d’Essen, estime au contraire que “ce travail de la nature et du temps, ordinairement chargé de soigner toutes les blessures, n’est pas imaginable à Auschwitz.A cause du caractère unique du crime nazi.Il faut préserver les ruines, et

l’Allemagne doit y participer financièrement”.Certains proposent de limiter la dégradation par tous les moyens, par exemple en recouvrant les ruines des crématoires d’une sorte de serre en Plexiglas.D’autres envisagent d’aller plus loin: reconstruire.Plusieurs projets concernent le vaste sauna central, en cours de restauration, où les déportés qui n’étaient pas immédiatement gazés à leur arrivée mais sélectionnés pour le travail étaient rasés, douchés et tatoués.Certains

souhaitent voir ce lieu, où les détenus perdaient leur personnalité, devenir un mémorial dans lequel une voix réciterait, en permanence, les noms de victimes connues.Il y en a qui veulent y installer tous les objets personnels dont les déportés étaient dépouillés.D’autres préconisent, au contraire, de le laisser éternellement vide.Quelqu’un a même émis l’idée de creuser une tranchée dans les anciennes fosses où étaient incinérés les corps des gazés lorsque les crématoires

ne suffisaient pas ou tombaient en panne, comme lors des gazages massifs des juifs hongrois, en mai-juin 1944.La galerie serait dotée de parois de verre, pour que l’on voie bien l’épaisseur des cendres…Selon Yaffa Eliach, professeur d’études judaiques à Brooklyn, des wagons d’époque devraient être placés sur les rails de Birkenau.Il y a aussi le projet de Serge Klarsfeld: reconstituer symboliquement l’ancienne rampe d’arrivée, qui était jusqu’en mai 1944 à l’extérieur de Birkenau,

avant que la voie soit prolongée jusque dans le camp.Tandis que, à l’intérieur, il préférerait qu’on “laisse se dégrader ces traces matérielles, dont le sort doit être lié à celui de la génération qui a connu les victimes”.Pour Jean-Claude Pressac, il faudrait reconstruire sur place l’ancien crématoire III, dispositif énorme qui associait une chambre à gaz et des fours crématoires.”Pour que les visiteurs se représentent la rationalité concrète et transparente d’une machine de

meurtre de masse, ce que ne permettent pas les ruines.” Serge Klarsfeld n’est pas opposé à cette reconstitution, à condition qu’elle soit réalisée à l’extérieur du camp. Théo Klein, en revanche, n’en voit pas l’utilité.”Tout cela est contraire à la tradition juive: la mémoire des morts doit servir les vivants.”

David Cesarini, directeur de la bibliothèque Wiener de Londres, consacrée à l’Holocauste, résume le désarroi ressenti par bien des participants de ce colloque: “Nous ne pouvons pas prendre le risque de susciter de nouvelles accusations de falsification.Nous ne pouvons pas, à l’inverse, laisser les ravages du temps détruire le site.L’avenir d’Auschwitz-Birkenau nécessite un large débat international, nous sommes tous concernés par ces lieux.” .

Source Information
Original Publication: 2001-11-15
Original Source: http://fpp.co.uk/Auschwitz/docs/Conan.html
Digital Archive: Focal Point Publications
Accessed: June 3, 2026